Caroline Veyt et Laura Tuveri sont assises sur une chaise et se parlent à travers un micro - Header

Pourquoi bien manger est-il devenu si compliqué ?

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Jamais nous n'avons eu autant d'informations sur l'alimentation. Et jamais il n'a été aussi difficile de savoir ce qu'il faut vraiment mettre dans son assiette. Ça vous parle ? Vous êtes loin d'être seul : 45 % des consommateurs aimeraient manger plus sainement, mais ne savent tout simplement plus par où commencer, noyés sous les conseils contradictoires.

C'est précisément de cette confusion que part notre nouveau podcast vidéo « Nutrition à la loupe ». Caroline Veyt y donne la parole à des experts de référence, en quête d'un peu plus de clarté à chaque bouchée.

Dans ce tout premier épisode, elle s'entretient avec la diététicienne Laura Tuveri, à la recherche d'une réponse à cette question : comment se fait-il que bien manger soit devenu si compliqué ?

Trop d'infos : comment faire le tri ?

« À l'heure actuelle, on a énormément d'informations disponibles, que ce soit sur les réseaux sociaux, avec la publicité ou encore sur Internet », constate Laura. « Et ce n'est pas évident de faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui est faux. »

Sur les réseaux, le scénario est souvent le même : quelqu'un se transforme en quelques semaines grâce à un régime, un complément, une astuce. Ça parle à l'imagination, sauf qu'une expérience personnelle n'est pas une preuve, et que ces vidéos montrent rarement tout le reste : celles et ceux qui changent d'alimentation bougent aussi davantage, dorment mieux, boivent moins d'alcool. « Chacun a son rythme de vie, ses habitudes et surtout ses goûts », rappelle Laura. « Il n'y a aucune solution miracle. »

La bonne nouvelle, c'est que ces mêmes canaux peuvent aussi apporter de la clarté. Ils touchent énormément de monde d'un coup, ce qui en fait une plateforme précieuse pour les diététiciens aussi, Laura y partage d'ailleurs elle-même ses conseils. Tout l'art consiste à faire le tri, et deux réflexes suffisent souvent : vérifiez si la personne est réellement formée dans le domaine, et demandez-vous si elle essaie de vous vendre quelque chose.

 

Chercher des repères, sans tout mesurer

Des applications qui comptent les calories, capteurs de glycémie, balances connectées : notre alimentation n'a jamais été autant mesurée. L'envie derrière est tout à fait légitime, celle d'avoir des repères clairs et de poser de meilleurs choix. Et ces outils peuvent rendre de vrais services, en particulier dans un cadre médical ou avec l'accompagnement d'un professionnel.

Le risque apparaît quand la mesure devient permanente, et qu'elle porte sur des données dont votre corps se charge déjà très bien tout seul. Laura a une image qui remet les choses à leur place : « Surveiller ses pics de glycémie quand on n'a pas du tout de problème au niveau du métabolisme du glucose, c'est un peu comme porter des lunettes quand on n'a pas de problème de vue. » Un corps en bonne santé est fait pour gérer ces variations en permanence. Et oui, la glycémie monte après chaque repas, c'est tout à fait normal.

Le point d'attention est surtout là : « Si on met un capteur de glycémie à une personne qui est en bonne santé, elle va sûrement développer l'envie de tout contrôler. » Chiffre après chiffre, le plaisir et la convivialité passent au second plan, alors que ce sont précisément eux qui rendent une bonne habitude tenable sur la durée. Bonne nouvelle : les leviers qui limitent les gros pics de glycémie n'ont rien de technologique. Une assiette variée, plus de fibres, un peu de mouvement et un sommeil de qualité.

 

Ne mangez pas moins, mangez mieux

Voilà qui rassure : il ne s'agit pas d'apprendre encore plus de règles, mais de revenir à l'essentiel. Et surtout pas de tout supprimer. « Quand on parle de bien manger, les gens pensent généralement qu'on va retirer des aliments de leur alimentation », observe Laura. « Alors que non : on remet dans l'assiette des aliments qu'ils ne consomment pas ou qu'ils ne consomment plus. »

La règle d'or que Laura répète en consultation, c'est le 80/20. « Consommer des aliments qui sont plus bruts, avec une densité nutritionnelle plus élevée, pendant 80 % du temps, et garder les 20 % restants pour les petits plaisirs. »

Une assiette, quatre repères : la moitié de légumes, un quart de protéines, un quart de féculents, et un filet de matière grasse de bonne qualité. Les légumes apportent les fibres et les micronutriments, les protéines la satiété, les féculents l'énergie, et la matière grasse ralentit la digestion.

Son conseil général tient d'ailleurs en six mots : « Ne mangez pas moins, mangez mieux. »

De « manger beaucoup » à « être bien nourri »

Sous toute cette confusion se cache encore un paradoxe fascinant. Nous mangeons aujourd'hui plus que jamais, et pourtant beaucoup d'entre nous ne reçoivent pas ce dont leur corps a réellement besoin. Comment est-ce possible ?

« Une personne peut avoir un poids totalement normal et manger assez de calories », explique Laura. « Son corps a assez de carburant, mais par contre ses cellules, elles commencent à s'affamer. » En cause : les calories vides, ces aliments qui apportent beaucoup d'énergie pour très peu de micronutriments.

Ce qui nous mène tout droit au concept que Laura effleure déjà dans ce premier épisode : la densité nutritionnelle. En clair, la quantité de bon que vous obtenez à chaque bouchée, et pourquoi manger beaucoup n'est pas la même chose qu'être bien nourri. On y consacre tout le prochain épisode !

Envie d'en savoir plus ?

Envie de ramener un peu de sérénité dans votre assiette ? Dans Nutrition à la loupe, Caroline Veyt et ses invités démêlent ensemble la confusion autour de ce que nous mangeons.

Écoutez le premier épisode dès maintenant sur Spotify ou Apple Podcasts, ou regardez le podcast vidéo sur YouTube. Et restez à l'écoute pour le prochain épisode, entièrement consacré à la densité nutritionnelle.